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Réf.
2026/ADLCGDMDLSPPLDSP/16478

Type d'offre
Experts

Type de contrat
Contrat de prestation de services

Domaines d'expertises
Genre, droits et modernisation de l'Etat ; Politique de la santé ; Systèmes de santé

Date limite de candidature
06/11/2026 23:55

Durée de la mission
Expertise perlée

Contrat
Indépendant / Entrepreneur Individuel

Durée
15 jours

Description de la mission

Expertise France va recruter un.e expert.e international.e, reconnu pour son expertise en genre et en planification stratégique, notamment dans le secteur de la santé. L’expert.e réalisera sa mission sous la supervision du Chef de projet du dispositif d’assistance technique et en lien étroit avec la Responsable de la Cellule Genre et avec l’appui de l’Assistant Technique Résident Genre d’Expertise France, il accompagnera les membres de la Cellule selon une méthodologie participative, pratique et adaptée à leurs besoins, afin de conduire les activités suivantes.

Objectif général

Doter la Cellule Genre du Ministère de la Santé Publique d’un plan stratégique genre, élaboré avec ses membres, pour intégrer effectivement le genre dans tous les domaines d’intervention du ministère.

Objectifs spécifiques

À la fin de la mission :

  • Faire le point sur la prise en compte du genre dans les domaines d’intervention du ministère (programmes, services, ressources humaines, planification, suivi-évaluation) ;
  • Définir la vision, les axes stratégiques et les priorités du plan sont définis avec la Cellule ;
  • Elaborer un plan d’action clair, avec des indicateurs, un calendrier, des responsables et un budget indicatif ;
  • Mettre en place un cadre de suivi-évaluation du plan avec précision du le rôle de la Cellule et des directions du ministère dans sa mise en œuvre ;
  • Permettre aux membres de la Cellule ont appris en pratiquant, en étant associés à chaque étape du processus ;
  • Faire valider le plan par les responsables du ministère et ses partenaires clés.

Résultats attendus

  • Résultat 1 : un état des lieux de la prise en compte du genre dans le ministère est réalisé et partagé ;
  • Résultat 2 : un plan stratégique genre du ministère est élaboré de manière participative ;
  • Résultat 3 : le plan comporte un plan d’action chiffré et un cadre de suivi-évaluation avec des indicateurs ;
  • Résultat 4 : les membres de la Cellule Genre s’impliquent à toutes les étapes et sont en mesure de porter le plan et de rendre la Cellule plus opérationnelle ;
  • Résultat 5 : le plan est validé par le ministère et présenté aux principaux partenaires.

Démarche méthodologique

L’expert.e proposera sa méthodologie dans son offre technique. Elle doit respecter les principes suivants :

  • une approche participative : le consultant accompagne et facilite, la Cellule décide. Les membres de la Cellule qui ont été formés participent à chaque étape ;
  • une analyse genre à trois niveaux : le fonctionnement du ministère, les programmes et les services de santé offerts à la population ;
  • l’appui sur les études existantes, pour ne pas refaire ce qui a déjà été fait. Le consultant utilise uniquement des données sourcées ;
  • des rencontres avec les directions, les programmes et les partenaires clés du ministère, ainsi que les acteurs du genre (par exemple le ministère en charge du genre) ;
  • un plan réaliste, qui tient compte des moyens de la Cellule et du ministère ;
  • des documents simples et clairs, utilisables par les équipes du ministère après le départ du consultant 

Phase I : Cadrage et revue documentaire

  • Tenir une réunion de démarrage avec la Cellule Genre et l’équipe du projet Amagara Yacu ;
  • Lire les documents de référence existants au ministère : étude genre et plan d’action genre (2021), Politique Nationale de Santé 2016-2025, rapport sur les inégalités de genre (août 2026), rapport d’analyse approfondie des enjeux de genre du projet, Politique Nationale Genre 2012-2025, ainsi que le cahier des charges de la Cellule ;
  • Rédiger une note de cadrage : compréhension de la mission, méthode détaillée, calendrier précis, liste des personnes à rencontrer.

Phase II : État des lieux participatif

  • Rencontrer les directions et programmes du ministère (par exemple la Direction des Ressources Humaines, le Programme National de la Santé de la Reproduction, la Direction de l’Assurance qualité des soins, l’INSP) et les partenaires concernés ;
  • Analyser les forces, les faiblesses, les obstacles et les opportunités pour l’intégration du genre dans le ministère ;
  • Animer, avec les membres de la Cellule, un atelier de partage des constats et de choix des priorités ;
  • Rédiger un rapport de diagnostic court (15 pages au plus).

Phase III : Élaboration du plan stratégique

  • Animer des ateliers de travail avec les membres de la Cellule pour définir la vision, les axes stratégiques, les résultats attendus et les actions prioritaires ;
  • Préciser, pour chaque action : le responsable, le calendrier, les indicateurs (ventilés par sexe quand c’est possible) et le budget indicatif ;
  • Proposer un dispositif de coordination et de suivi-évaluation du plan, ainsi que des pistes pour mobiliser des ressources ;
  • Identifier les risques et proposer des mesures pour les réduire ;
  • Rédiger la version provisoire du plan.

Phase IV : Validation et finalisation

  • Présenter la version provisoire aux responsables du ministère et aux partenaires lors d’un atelier de validation ;
  • Intégrer les observations reçues et remettre le plan stratégique final ;
  • Rédiger le rapport final de la mission, avec des recommandations pour la suite.

 

Tous les livrables sont rédigés en français et remis en version électronique (Word et PDF).

Livrables

Description des livrables

Echéance

1. Note de cadrage

Compréhension de la mission, méthode détaillée, calendrier, liste des personnes à rencontrer

25 novembre 2026

2. Rapport de diagnostic

État des lieux de la prise en compte du genre dans le ministère et priorités retenues (15 pages au plus)

04 décembre 2026

3. Plan stratégique genre (version provisoire)

Vision, axes stratégiques, plan d’action, indicateurs, budget indicatif, suivi-évaluation, risques

09 décembre 2026

4. Plan stratégique genre (version finale)

Version validée, avec les observations intégrées

11 décembre 2026

5. Rapport final de mission

Déroulement, résultats, difficultés, recommandations pour la suite, résumé de la participation des membres de la Cellule

12 décembre 2026

 

Le plan stratégique genre contient au minimum : le contexte et la justification, la vision et les objectifs, les axes stratégiques, le plan d’action chiffré avec les indicateurs, le rôle de la Cellule et des autres directions, le dispositif de suivi-évaluation, la mobilisation des ressources et la gestion des risques.

Description du projet ou contexte

Description

Le secteur de la santé au Burundi est structuré autour de la Politique Nationale de Santé (PNS) (2016 – 2025) et sa mise en œuvre s’opère au travers du Plan National de Développement Sanitaire (PNDS).

Le Burundi fait face à de nombreux défis sanitaires, liés à un système de santé fragile, une croissance démographique rapide, et une prévalence persistante de maladies comme le paludisme et la malnutrition. En réponse, le Gouvernement, à travers le Ministère de la Santé Publique (MSP), a mis en place une stratégie sectorielle de la santé pour la période 2021-2027, qui vise à renforcer les capacités et la qualité des soins, en particulier au niveau des soins de santé primaires.

L’Agence française de développement (AFD) soutient le Gouvernement à travers le projet Amagara Yacu. Ce projet a pour objectif de renforcer la qualité de l’offre de soins de santé primaire, la surveillance épidémiologique, et de lutter contre les inégalités de genre dans l’accès à la santé.

Expertise France (EF) a été identifiée par l’AFD pour fournir une assistance technique au Ministère de la Santé Publique dans le pilotage des ressources humaines en santé et l’intégration du genre dans les politiques publiques de santé, ainsi qu’à à l’Institut National de Santé Publique (INSP) sur le renforcement des capacités de réponses du système aux risques climatiques et environnementaux.

Le programme Amagara Yacu Phase 2 s’appuie sur 4 axes d’intervention :

Axe 1 :  Intégrer le genre comme levier central pour renforcer une surveillance et une approche "One Health" multisectorielles, inclusives et résilientes, permettant d'anticiper efficacement les crises sanitaires, environnementales et climatiques, tout en valorisant la participation et l'autonomisation des femmes et en déployant des dispositifs adaptés contre les inégalités femmes-hommes.

 

Axe 2 : Refondre et optimiser les systèmes d'anticipation, de prévention et de réponse aux risques climatiques et environnementaux en intégrant le genre comme socle et moteur, afin de garantir une sensibilité intrinsèque aux besoins et aux contributions spécifiques des femmes et des groupes vulnérables.

Axe 3 : Renforcer la gestion des RHS par une approche de genre transformationnelle, afin de développer une main-d'œuvre qualifiée, motivée et équilibrée, et de bâtir un système de santé résilient, inclusif et performant, soutenu par une gouvernance et un pilotage institutionnel renforcés.

Axe 4 : Assurer la Coordination, la Gouvernance genre et la gestion de projet. Cet axe consolide un cadre de gouvernance multisectoriel légitimé et profondément sensible au genre, notamment en institutionnalisant et dotant la Cellule Genre du Ministère de la Santé comme pilote central de la coordination technique. Il garantit une gestion stratégique et opérationnelle pilotée par des données genres et un apprentissage continu, et vise à ancrer une culture institutionnelle d'égalité de genre en fortifiant le leadership féminin.

 

C’est dans le cadre de l’axe 4 que s’inscrit cette mission. En effet, le Ministère de la Santé Publique et l’AFD travaillent ensemble pour améliorer la santé et le bien-être de la population. Dans cette démarche, la prise en compte de l’égalité de genre, de l’équité et des droits humains est essentielle pour que tout le monde ait accès aux services de santé.

Prendre en compte le genre dans le secteur de la santé demande des compétences précises : (i) savoir repérer et analyser les inégalités de genre, (ii) comprendre leurs effets sur la santé et l’accès aux soins, et (iii) intégrer le genre dans les politiques, stratégies, programmes, projets, budgets et systèmes de suivi-évaluation.

 

Le contexte genre au Burundi et dans le secteur de la santé

Au niveau du pays. Au Burundi, les inégalités entre les femmes et les hommes restent un frein au développement. La société est fortement patriarcale : les décisions, l’accès aux ressources et leur contrôle relèvent le plus souvent de l’homme, chef de ménage. Les femmes ont moins accès à la terre, aux revenus et aux instances de décision. Elles sont aussi plus touchées par la pauvreté : selon l’étude réalisée pour l’Agence Française de Développement (AFD) en 2021, 49,3 % des ménages dirigés par des femmes sont pauvres, contre 28,5 % des ménages dirigés par des hommes. Les ménages dirigés par des femmes sont plus nombreux : 29 % aujourd’hui contre 26 % en 2010. Ils sont souvent parmi les plus vulnérables, car ces femmes portent seules la charge du ménage.

Trois éléments expliquent en grande partie ces écarts :

  • Les rôles sociaux : Les hommes sont vus comme ceux qui font vivre la famille. Les femmes portent l’essentiel du travail domestique et des soins aux enfants et aux malades. Leur travail à la maison n’est ni payé ni reconnu ;
  • L’accès aux ressources : Le droit coutumier et l’absence de loi sur les successions, les libéralités et les régimes matrimoniaux limitent l’accès des femmes à la terre et aux biens. Ces limites réduisent aussi leur capacité à payer les soins ;
  • Les normes sociales : Dans le couple, la décision sur la sexualité et la contraception revient en général à l’homme. Selon la dernière enquête démographique et de santé publiée (2016-2017), 62 % des femmes et 35 % des hommes trouvent justifié qu’un homme batte sa femme pour au moins un motif. Les données administratives plus récentes confirment le poids des violences : le ministère en charge du genre a enregistré 13 681 victimes de violences sexuelles et basées sur le genre en 2023, dont 11 570 femmes (environ 85 %) (rapport national Beijing +30, juillet 2024). Ces chiffres ne comptent que les cas déclarés.

Le pays a pris des engagements forts : (i) la Politique Nationale Genre 2012-2025, (ii) la loi de 2016 sur les violences basées sur le genre, (iii) la création de cellules genre dans les ministères sectoriels, (iv) la gratuité ciblée des soins pour les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans, etc. Les évaluations antérieures constatent toutefois plusieurs limites dont : (i) les cellules genre faiblement opérationnelles, (ii) une faible appropriation du genre par les ministères, (iii) des budgets peu sensibles au genre, etc.

Dans le secteur de la santé. Le rapport de la mission d’appui à la définition des objectifs genre du projet de renforcement des systèmes de soins au Burundi (2021) relève notamment :

  • dans l’accès aux soins : c’est l’homme qui décide des dépenses de santé dans 62,8 % des cas selon les agents de santé communautaires interrogés ;
  • en santé sexuelle et reproductive : la prévalence contraceptive est de 36,4 % en 2019, les normes sociales, la pression religieuse et les rumeurs freinant la planification familiale ;
  • dans les violences : 36 % des femmes déclarent avoir subi des violences physiques depuis l’âge de 15 ans ;
  • chez les hommes : ils sont moins bien couverts pour le traitement ARV (82 % contre plus de 98 % pour les femmes) et fréquentent peu les centres de santé ;
  • dans les ressources humaines : les femmes sont moins nombreuses dans les filières de formation de santé (38,3 % des étudiants de l’INSP sur quatre ans) et aux postes de direction, et les statistiques du ministère sont peu ventilées par sexe.

Justification du besoin

La Cellule Genre du Ministère de la Santé Publique a été récemment renouvelée avec la nomination de cinq membres. Le diagnostic réalisé auprès de la Cellule fait ressortir trois constats :

  • Un cahier des charges très limité, qui mérite d’être amélioré ;
  • Les connaissances et compétences très limitées des membres en Genre pour accomplir leurs missions ;
  • L’absence d’un plan stratégique genre pour impulser l’intégration du genre dans tous les domaines d’intervention du ministère.

En plus d’être un livrable du projet, doter la Cellule Genre d’un plan stratégique lui fournira un cadre de référence destiné à orienter, structurer, planifier et harmonier ces interventions pour une intégration du genre dans les politiques publiques de santé.

Dans le cadre de son dispositif d’assistance technique au Ministère de la Santé Publique du Burundi, Expertise France recrute ainsi un.e expert.e en approche genre et santé pour accompagner la Cellule Genre dans la production d’un Plan Stratégique.

Profil souhaité

Profil de l’expert désigné en charge de l’exécution du contrat

  • Être titulaire d’un diplôme de niveau Bac+5 au moins en sciences sociales, genre et développement, santé publique, planification ou dans un domaine proche ;
  • Avoir au moins 10 ans d’expérience professionnelle, dont au moins 5 ans dans l’approche du genre ;
  • Avoir une expérience prouvée dans l’élaboration de plans stratégiques, de politiques ou de stratégies genre, dont au moins trois réalisés pour des institutions publiques ;
  • Avoir une expérience dans le secteur de la santé et la maîtrise des outils et indicateurs de suivi de l’approche genre ;
  • Avoir une expérience d’appui à des cellules ou points focaux genre, ou d’accompagnement d’équipes ministérielles (un avantage) ;
  • Avoir une expérience en Afrique subsaharienne. La connaissance du Burundi ou de la région des Grands Lacs est un atout ;
  • Bien maîtriser les outils d’analyse genre, de planification stratégique et de suivi-évaluation ;
  • Savoir animer des ateliers participatifs et accompagner des équipes ;
  • Avoir une très bonne capacité de rédaction, avec des documents clairs et simples ;
  • Avoir un français courant à l’oral et à l’écrit.

Informations complémentaires

La mission sera mise en œuvre en étroite collaboration avec Expertise France et la Cellule Genre du Ministère de la Santé Publique. Elle est financée par Expertise France dans le cadre du projet Amagara Yacu Phase II.

Le consultant présente une offre financière détaillée comprenant les honoraires, les frais de voyage international, l’hébergement et les frais de séjour. Les aspects logistiques liés à l’organisation d’ateliers participatifs sont à la charge de l’Expertise France.

Suivi et supervision de la mission

  • Le consultant travaille sous la supervision du Chef de projet du dispositif d’assistance technique et en lien étroit avec la Responsable de la Cellule Genre et avec l’appui de l’Assistant Technique Résident Genre d’Expertise France ;
  • Il rend compte à Expertise France pour les aspects contractuels et financiers ;
  • Une réunion de démarrage est organisée avec la Cellule ;
  • Chaque livrable est relu par la Cellule Genre et l’Equipe du projet à travers l’Assistant Technique Résident Genre, qui donnent leurs observations avant la version finale ;
  • Le paiement est lié à la remise et à l’acceptation des livrables.

Dates estimatives : Du 23 novembre au 11 décembre 2026, soit 15 jours ouvrés (dont 7 jours sur le terrain)

Critères de sélection des candidatures

Le processus de sélection des candidats s'opérera selon le(s) critère(s) suivant(s) :

  • Formation/compétences/expériences du candidat

Date limite de candidature : 06/11/2026 23:55

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