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Réf.
2026/DCA/15949

Type d'offre
Experts

Type de contrat
Contrat de prestation de services

Domaines d'expertises
Genre, droits et modernisation de l'Etat ; Mobilisation des ressources, gestion et redevabilité publiques ; Gouvernance économique et financière

Date limite de candidature
20/08/2026 23:59

Durée de la mission
Court terme

Durée
10 jours - 2 mois

Description de la mission

I-                    Objectif et résultats de la mission d’expertise

1.1   Objectif général

La présente mission constitue le point d'entrée opérationnel du projet AFMRI au Cameroun. Elle vise à produire un état des lieux complet, contextualisé et opérationnel de la situation actuelle en matière de formation continue, de déploiement du e-learning et de gestion des compétences au sein de la DGI, afin de fonder les activités du projet sur des bases factuelles solides et d'alimenter l'élaboration de la feuille de route opérationnelle.

 

1.2   Objectifs spécifiques

i.         Vérifier l'existence d'une cartographie et d'un référentiel « métiers » et de compétences au sein de la DGI, et évaluer leur niveau d'actualisation et d'utilisation effective.

ii.       Analyser les dispositifs institutionnels de gestion de la formation et des compétences : structures responsables (centre de perfectionnement et PSSFP), affectation des effectifs et disponibilité des équipes de la DGI et du PSSFP, capacité opérationnelle à absorber les activités prévues dans le cadre de l'AFMRI, processus de planification, outils de suivi, articulation avec la direction des ressources humaines.

iii.     Évaluer l'effectivité de la plateforme e-learning existante au PSSFP: niveau d'utilisation actuel, difficultés rencontrées dans son déploiement à grande échelle, axes d'amélioration prioritaires, adéquation des équipements et de la connectivité disponible, et compétences numériques du personnel en charge de son administration.

iv.     Cartographier l'offre de formation continue existante à la DGI : contenu, format, fréquence, public cible, modalités d'organisation et de financement, rôles respectifs du centre de perfectionnement de la DGI et du PSSFP.

v.       Identifier et documenter les ressources pédagogiques disponibles (formation initiale et continue), notamment les modules issus du PARFID, leur état d'utilisation effectif et leur pertinence au regard des priorités actuelles de la DGI.

vi.     Recenser les besoins prioritaires en formation continue, tels qu'exprimés par la DGI (métiers « obsolètes », en tension, en devenir), en lien avec les enjeux de mobilisation des ressources intérieures (contrôle fiscal, fiscalité numérique, fiscalité foncière, lutte contre la fraude, fiscalité environnementale, etc.).

vii.   Analyser la prise en compte de l'égalité femmes-hommes dans les dispositifs de formation et de gestion RH : part des femmes bénéficiaires, freins structurels identifiés, existence d'outils ou de politiques dédiées.

viii. Cartographier les initiatives des autres partenaires techniques et financiers actifs dans le domaine de la formation et de la gouvernance fiscale au Cameroun, afin d'identifier les synergies et complémentarités avec l'AFMRI.

1.3   Les livrables attendus

Livrable

Contenu attendu

L1

Note de cadrage avec le calendrier et la méthodologie

Outils de collecte finalisés, programme de mission validé et liste des interlocuteurs identifiés (dont équipes PSSFP), soumis à Expertise France avant le départ en mission

L2

Rapport de diagnostic – DGI Cameroun (version provisoire)

État des lieux couvrant l'ensemble des objectifs spécifiques de la mission, analyse des forces et faiblesses, identification des besoins prioritaires

L3

Rapport de diagnostic – DGI Cameroun (version finale)

Version intégrant les commentaires d'Expertise France et, le cas échéant, des points focaux de la DGI – ce document doit servir de référence pour l’élaboration de la feuille de route opérationnelle et du plan d’actions du projet.

L4

Restitution orale

Présentation des conclusions et recommandations aux équipes Expertise France et aux représentants de la DGI.

L5

Rapport de fin de mission

Synthèse globale de la mission, bilan des activités réalisées, enseignements tirés et recommandations pour la suite du projet

 

1.4   Les résultats attendus :

À l'issue de la mission, les résultats suivants sont attendus :

  • La DGI et Expertise France disposent d'une connaissance précise et documentée de l'état actuel des dispositifs de formation continue et de gestion des compétences au sein de l'administration fiscale camerounaise ;
  • Les forces, faiblesses et lacunes de l'offre de formation existante sont identifiées et hiérarchisées, notamment au regard des priorités de mobilisation des ressources intérieures ;
  • Le rôle, l'affectation des effectifs et les capacités opérationnelles du centre de perfectionnement de la DGI et du PSSFP sont évalués, avec des recommandations concrètes sur la manière dont le projet AFMRI peut appuyer sa montée en puissance ;
  • Les besoins prioritaires en formation, tels qu'exprimés par les agents et l'encadrement de la DGI, sont recensés et structurés en vue de la co-construction des modules ;
  • Les opportunités et contraintes liées au déploiement à l’échelle nationale du e-learning sont clairement documentées ;
  • La prise en compte de l'égalité femmes-hommes dans les dispositifs de formation et de gestion RH est évaluée et documentée.
  • Les synergies entre le projet AFMRI et les autres projets d’EF sont identifiées.
  • Les initiatives des autres partenaires techniques et financiers sont cartographiées, permettant d'identifier les complémentarités et d'éviter les doublons ;
  • La feuille de route opérationnelle et le plan d’actions du projet AFMRI au Cameroun peuvent être co-construits sur des bases factuelles solides.

Description du projet ou contexte

II-                    Contexte et justification

2.1 Le projet AFMRI

Le projet AFMRI (Projet d’Appui à la Formation sur la Mobilisation des Ressources Intérieures) s'inscrit dans le cadre du Plan d'Investissement Stratégique pour le Développement (PiSD 2), financé via la Direction Générale du Trésor française et mis en œuvre par Expertise France. D'une durée de 36 mois et d'un budget de 3,5 M€, il cible deux pays pilotes d'Afrique francophone : le Sénégal (zone UEMOA) et le Cameroun (zone CEMAC).

Il fait suite au projet PARFID (2021–2024), qui a permis de former près de 400 professionnels des administrations fiscales et douanières, de co-construire des modules de formation et d'amorcer une dynamique de structuration régionale. Si le PARFID a posé des bases solides, il a également mis en évidence des limites importantes : hétérogénéité des cadres juridiques nationaux rendant difficile la mutualisation régionale des modules fiscaux, des mécanismes de coordination régionale encore insuffisamment structurés, et un ancrage insuffisant de la formation dans les politiques de ressources humaines des administrations.

Les deux pays pilotes évoluent, par ailleurs, dans un contexte macro-économique fortement contraint, qui confère à la mobilisation des ressources intérieures une urgence particulière. Au Sénégal, la suspension temporaire du programme FMI et une dette publique élevée (130% du PIB) exercent une pression considérable sur les finances publiques. Au Cameroun, le FMI identifie un risque élevé de surendettement, conjugué à une faiblesse structurelle de la mobilisation des recettes et au poids important de l'économie informelle, rendant urgent le renforcement du recouvrement fiscal.

À ces fragilités économiques s'ajoutent des dynamiques institutionnelles différentes entre les deux pays : le Cameroun bénéficie d'une dynamique déjà amorcée via le PARFID, notamment sur le e-learning et l'ingénierie de formation, portée par un PSSFP structuré ; au Sénégal, le CEFOD, récemment créé, est en cours de structuration et bénéficiera d'un portage politique fort de la DGID pour asseoir son rôle central dans la professionnalisation des agents fiscaux. Face à ces enjeux, l'AFMRI vise à surmonter ces limites à travers deux objectifs spécifiques complémentaires.

 

v  OS1 – Performance institutionnelle et renforcement des compétences

  • Développer les capacités des agents fiscaux à travers une offre de formation continue modernisée, et mieux alignée sur les priorités nationales de mobilisation des ressources intérieures.
  • Intégrer durablement la politique de formation dans la gestion des ressources humaines : cartographies des compétences, référentiels métiers, planification des parcours et plans de formation pluriannuels.
  • Renforcer la qualité, l’accès et la diffusion de la formation via le e-learning, la mise à jour des modules techniques et la professionnalisation des formateurs.

v  OS2 – Promotion de l’égalité femmes-hommes

  • Intégrer l’égalité F/H dans les dispositifs de formation fiscale et dans les outils RH.
  • Accroître la représentativité des femmes dans les parcours de formation et renforcer leur accès aux compétences clés.
  • Contribuer à une performance institutionnelle plus inclusive et durable.

 

Les partenaires directs sont la DGID/CEFOD au Sénégal et la DGI/PSSFP/Centre de perfectionnement au Cameroun, avec une dimension régionale portée par la CEMAC, l’UEMOA et le RESIFIP. L’expertise publique française (La DGFiP via l’ENFiP notamment) est mobilisée en appui à l’ingénierie de formation et pédagogique.

Le projet s’inscrit dans une logique de transformation progressive des fonctions RH des administrations fiscales partenaires, en lien direct avec les enjeux de performance et de mobilisation des ressources intérieures.

2.2 Le contexte camerounais

Le Cameroun fait face à des pressions budgétaires persistantes qui rendent la mobilisation des ressources intérieures particulièrement urgente. Le FMI classe le pays parmi les économies à risque élevé de surendettement : la dette publique s'établit à 43 % du PIB fin 2024, et le service de la dette devrait absorber environ 17 % des recettes fiscales sur la période 2026–2028, ce qui limite fortement les marges de manœuvre budgétaires de l'État. Les recettes fiscales de l'administration centrale ne s'élevaient qu'à 12,3 % du PIB en 2024, bien en deçà du potentiel fiscal du pays, avec un système fiscal encore largement fondé sur les impôts indirects alors qu’il existe un réel potentiel fiscal sous exploité en matière d’impôts directs et fonciers.

C'est dans ce contexte que la DGI s'est engagée dans une réforme structurelle ambitieuse. Réunis le 3 juin 2026 à Yaoundé, le Directeur Général des Impôts, Roger Athanase Meyong Abath, et les élus locaux ont dressé un bilan des avancées de la réforme de la fiscalité locale telles que :

  • La création et mise en opération des Centres de Fiscalité Locale et des Particuliers,
  • L’adoption des textes réglementaires encadrant le dispositif,
  • Le déploiement du paiement électronique via Trésor Pay.

Par ailleurs, l'immatriculation de l'ensemble des contribuables a été retenue comme priorité absolue pour élargir l’assiette fiscale et donc améliorer le potentiel fiscal. La DGI mise sur la digitalisation de ses procédures et son ingénierie fiscale pour accroître le rendement fiscal local.

Ces réformes structurelles impliquent un effort massif de formation continue des agents de la DGI. Le Programme Supérieur de Spécialisation en Finances Publiques (PSSFP), rattaché au Ministère des Finances, constitue la principale structure de formation des cadres des finances publiques au Cameroun. Il est appelé à devenir à terme l'Institut Supérieur des Finances Publiques, ce qui confère à l'AFMRI un rôle stratégique d'accompagnement de cette transition institutionnelle.

Mais, à ce jour, l’essentiel de la formation continue des personnels de la DGI du Cameroun n’est pas assuré sous l’égide du PSSFP. La DGI dispose de son propre centre de perfectionnement pour assurer la formation continue de ses personnels. L’expert devra évaluer la complémentarité des deux structures dans un objectif d’amélioration de la formation continue.

Le PSSFP dispose d'une plateforme e-learning développée dans le cadre du PARFID, dont l'état d'utilisation, les contenus disponibles et le potentiel de développement constituent un axe central de la présente mission de diagnostic.

Plusieurs partenaires techniques et financiers sont, par ailleurs, actifs dans des domaines connexes — GIZ, Union européenne, FMI, Expertise France via le projet DATAFID — ce que la mission de diagnostic devra cartographier afin d'identifier les complémentarités et d'éviter tout doublon.

Profil souhaité

III-                    Profil de l’expert.e

3.1   Formations et expériences

  •     Diplôme de niveau Bac+5 minimum en sciences de l'éducation, ingénierie de formation, gestion des ressources humaines, administration publique, finances publiques ou équivalent ;
  •     Au moins 8 ans d'expérience professionnelle dans les domaines de la formation, de la gestion des compétences ou du renforcement des capacités institutionnelles dans le secteur public ;
  •     Au moins deux missions similaires — diagnostic institutionnel, évaluation des besoins en formation ou audit de dispositifs de formation — réalisées en Afrique subsaharienne francophone ;
  •    Une expérience préalable avec Expertise France ou d'autres opérateurs de coopération technique, ainsi qu'une connaissance d'initiatives comparables dans le domaine de la formation fiscale, seront appréciées.

3.2   Compétences professionnelles

  •     Maîtrise des méthodologies de diagnostic institutionnel et d'analyse des besoins en formation ;
  •     Connaissance des outils et dispositifs de e-learning dans des contextes à ressources limitées ;
  •     Capacité à produire des cartographies de compétences et des référentiels métiers ;
  •     Sensibilité aux enjeux d'égalité femmes-hommes et aptitude à intégrer une analyse genrée dans les travaux ;
  •     Aisance à travailler dans des environnements multiculturels et institutionnels complexes, avec de bonnes capacités de coordination et de travail en équipe.
  •     Une connaissance du contexte culturel et institutionnel camerounais sera appréciée ;
  •     Excellente maîtrise du français, écrit et parlé.

Informations complémentaires

IV-                    Organisation des travaux

4.1   Modalités de coordination

L'expert.e travaillera sous la supervision de la cheffe de projet adjointe basée à Dakar, de l'expert long terme basé à Yaoundé et du chargé de projet basé à Paris. Il/elle sera en contact régulier avec les responsables des administrations partenaires bénéficiaires.

Pour mener à bien sa mission, l’expert.e disposera des outils de collaboration suivants : accès à l’espace de travail partagé (Wimi ou équivalent), incluant un système de visioconférence et un archivage de la documentation projet.

4.2   Conditions de travail

  •        Le projet prendra en charge les dépenses suivantes : billets d’avion A/R, per diems et frais de visa le cas échéant, pour la mission terrain.
  •     La langue de travail et les livrables seront en français.
  •     Les échanges pourront se dérouler en anglais à la demande de la DGI.

4.3   Lieu et durée de la mission

  •     La mission de terrain se déroulera à Yaoundé (Cameroun), le reste du travail à distance ;
  •     Début provisoire de la mission : Septembre 2026 ; une mission terrain à Yaoundé du 14 au 18 septembre 2026.
  •     Durée maximale : 2 mois.

 

        V-               Candidatures

Les personnes intéressées devront envoyer : 

  • Un CV détaillé ;
  • Une offre technique incluant la méthodologie et le calendrier proposé ;
  • Une offre financière incluant le taux journalier.

Tout dossier incomplet ne sera pas examiné.

Critères de sélection des candidatures

Le processus de sélection des candidats s'opérera selon le(s) critère(s) suivant(s) :

  • Formation/compétences/expériences du candidat
  • Formation/diplômes du candidat en lien avec la mission d’expertise
  • Compétences du candidat en lien avec la mission d’expertise
  • Expériences du candidat en lien avec la mission d’expertise
  • Compréhension linguistiques attendues du candidat
  • Évaluation de l’expertise du candidat dans le domaine recherché

Date limite de candidature : 20/08/2026 23:59

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