Réf.
2026/ECDVCDT/14781
Type d'offre
Experts
Type de contrat
CDDU
Domaines d'expertises
Autre
Date limite de candidature
29/03/2026 13:50
Contrat
Salarié
Durée
24
Département Géographique - GEO > DP Ukraine
Mis en ligne le : 11/02/2026
EUROPE CONTINENTALE
UKRAINE
KIEV
Intégré au sein du Ministère chargé du Développement des communautés, des territoires et des infrastructures d’Ukraine, et rattaché à l’un des Secrétaires d’Etat compétents en matière de transports, l’ETI assurera le suivi et l’assistance dans la mise en œuvre des réformes relatives à la reprise de l’acquis communautaire et à l’élaboration des politiques publiques ukrainienne dans le domaine des infrastructures et des réseaux couvrant tout ou partie des champs suivants:
Principales tâches et résultats attendus :
- Conseiller les autorités ukrainiennes sur la stratégie d'adoption de l'acquis communautaire dans le secteur des transports relevant du chapitre 14 « Politique des transports » et l’élaboration d'un programme de travail pour l'adaptation législative et réglementaire dans le contexte de l’alignement ;
- Conseiller le ministère ukrainien sur la formation du personnel chargé de la mise en œuvre de l’acquis européen au niveau national ;
- Contribuer au dialogue avec la Commission européenne dans le cadre du processus d'adoption de l'acquis communautaire ;
- Accompagner la mise en œuvre effective de la législation, en garantissant la cohérence des textes ainsi qu’en identifiant les blocages techniques, réglementaires ou financiers et en proposant des solutions concrètes en ayant recours le cas échéant à des expertises françaises et/ou européennes ;
- Renforcer le dialogue bilatéral dans le domaine des transports et mettre en relation le ministère ukrainien avec les services du ministère français chargé des transports et le ministère français de l’Economie et des Finances pour identifier une offre de partages d’expertise, de visites d’études et de formations pertinente pour répondre aux besoins de l’Ukraine dans la perspective de sa reconstruction post-conflit ;
- Contribuer à l’établissement d’un dialogue régulier entre les autorités et les acteurs ukrainiens du transport et les entreprises, industriels et institutions françaises du secteur afin de mettre en valeur leurs savoir-faire, de développer des partenariats concrets et de renforcer la visibilité de l’expertise française en Ukraine
Identifier les perspectives de projets pour des industriels français dans le cadre de la reconstruction du pays post-conflit, notamment en matière d’infrastructures :
o Le cas échéant, en matière ferroviaire :
Ø Appuyer la mise en œuvre de la réforme ferroviaire (en conformité avec la directive 2012/34/UE), notamment la préparation à l’ouverture du marché, la séparation des fonctions d’infrastructure et d’exploitation, les garanties de l’indépendance des fonctions principales du gestionnaire des infrastructures au sein de l’entreprise verticalement intégrée, le déploiement des spécifications techniques d’interopérabilité (STI) ;
Ø Conseiller les autorités sur le développement de l’infrastructure ferroviaire, en contribuant à la détermination des orientations stratégiques, à la priorisation des projets d’investissement, à la mobilisation des financements, ainsi qu’à la clarification des compétences entre autorités publiques et gestionnaires d’infrastructure, et au contrôle de la mise en œuvre des projets ;
Ø Soutenir la création d’une autorité de régulation indépendante et contribuer à la réforme du système tarifaire, incluant l’introduction des redevances d’accès à l’infrastructure ;
Ø Accompagner la mise en œuvre du service public ferroviaire (PSO), en appuyant la contractualisation, le financement et la coordination entre ministère des Finances, autorités locales et opérateurs ;
Assister à la mise en place de l’Autorité nationale de sécurité ferroviaire (NSA) : définition de ses fonctions, procédures et pouvoirs, et appui à la coopération avec l’Agence de l’Union européenne pour les chemins de fer (ERA), notamment pour la gestion conjointe des dossiers et des registres techniques.
o Le cas échéant, en matière d’aviation civile :
Ø Assister les autorités ukrainiennes dans l’élaboration d’une stratégie de réouverture de l’espace aérien à l’aviation civile
Ø Faciliter la création d’une compagnie aérienne nationale
Ø En lien avec la DGAC, accompagner la mise à niveau des contrôleurs aériens et plus généralement celle des personnels aviation civile en termes de formation et identifier des partages d’expertise et des visites d’études pertinentes dans la perspective de réouverture de l’espace aérien ukrainien au transport commercial civil.
L'Ukraine dispose d'un vaste réseau de transport tous modes confondus. A titre d’exemple, le réseau routier Ukrainien dépasse ainsi les 160 000 km. En termes de longueur d'autoroutes, l'Ukraine se classe au 32e rang mondial et au 10e rang parmi les pays européens (0,2 % des autoroutes mondiales). L'Ukraine dispose également d'un vaste réseau ferroviaire d'une longueur totale d'environ 20 000 km, dont plus de la moitié est électrifiée. En termes de longueur de voies ferrées, l'Ukraine se classe au 15e rang mondial et au 4e rang parmi les pays européens. Parallèlement, le réseau portuaire ukrainien comprend aujourd'hui 18 ports maritimes, dont 7 en territoires temporairement occupés, y compris 5 sur le territoire de la République autonome de Crimée. Il existe également 30 aéroports sur le territoire ukrainien, dont 16 était, avant la guerre, d'importance internationale.
La guerre d’invasion à grande échelle a considérablement affecté le réseau de transport du pays, la Banque mondiale chiffre dans sa dernière évaluation de février 2025 à 78 milliards d’euros les besoins nécessaires pour reconstruire le secteur des transports en Ukraine, sur les 10 prochaines années. Plusieurs ports d’importance essentielle pour les exportations de minerais et de produits agricoles ont été fermés voire détruits et occupés, conduisant à un report des flux vers des installations aujourd’hui saturées (ports d’Odessa) ou le fret ferroviaire, soumis à une forte tension. Les transports ferroviaires sont ainsi devenus le principal moyen de transport de marchandises – probablement plus de 90 % de ces derniers - ce qui conduit à une usure accrue du matériel et à une saturation des lignes. Par ailleurs, la guerre a également conduit à la fermeture de l’espace aérien ukrainien aux avions civils dès le 24 février 2022, engendrant une importante perte de compétences dans les services du contrôle aérien ukrainien.
Dans la perspective de l’après-guerre, le Gouvernement Ukrainien entend moderniser l’ensemble de ses stratégies nationales en matière de transport, étape indispensable à la reprise économique du pays. En tant que pays candidat à l’adhésion à l’UE, l’Ukraine doit par ailleurs adopter, transposer et mettre en œuvre l'acquis de l’UE (l'ensemble des législations de l'UE) dans le secteur des transports, conformément aux chapitres 14 (politiques des transports) et 21 (réseaux transeuropéens). Au-delà de la reprise de l’acquis, les autorités ukrainiennes entendent moderniser leur stratégie de développement en matière de transports. Le développement des transports publics Intercités, aujourd’hui défaillants ou encore la promotion de la mobilité verte figurent parmi leurs priorités. Sur le plan ferroviaire, des réformes institutionnelles importantes, en particulier des chemins de fer ukrainiens (Ukrzaliznytsia) et la modernisation des infrastructures afin de les rendre compatibles avec le réseau transeuropéen (RTE) figurent au cœur des priorités gouvernementales mais aussi de la Commission européenne et des bailleurs internationaux (Banque Mondiale, BERD, BEI). Par ailleurs, le Gouvernement Ukrainien a exprimé le souhait que les infrastructures aériennes civiles ukrainiennes se préparent activement à la réouverture du ciel dans les trois mois suivant un cessez-le-feu. Dans cette perspective, un important travail de remise à niveau des infrastructures et des compétences doit être entrepris.
Dans ce contexte, le ministère du développement des collectivités et des territoires de l’Ukraine a exprimé son intérêt pour un appui technique renforcé des autorités françaises. Le déploiement d’un ETI, placé auprès de l’un des Secrétaires d’Etat (« Vice-ministre ») compétents sur les questions de transport (ferroviaire, aéroportuaire, portuaire ou routier), eux-mêmes directement rattachés à l’un des trois vice-Premier ministres, vise à renforcer l’expertise technique du ministère sur la définition des priorités stratégiques et leur déclinaison opérationnelle sur ces différents secteurs. Il contribuerait également à valoriser le savoir-faire français, technique et industriel, en matière d’infrastructures, de mobilité durable et de planification urbaine, dans la continuité des partenariats déjà engagés dans le secteur par des entreprises françaises, et dans la perspective de la reconstruction de l’Ukraine.
Qualifications :
Expérience professionnelle :
Dossier de candidature (Curriculum vitae) et Lettre de motivation en français et en anglais
Le poste s’inscrit dans un contexte de conflit armé actif. Les conditions sécuritaires sont instables et peuvent évoluer rapidement. Le/la candidat.e s'engage à respecter strictement les consignes de sécurité et être en mesure de travailler dans un environnement à forte pression.