Réf.
2026/EPRDCEL/16354
Type d'offre
Experts
Type de contrat
Contrat de prestation de services
Domaines d'expertises
Menaces globales et criminalité organisée ; Justice ; Gouvernance économique et financière
Date limite de candidature
26/10/2026 13:18
Durée de la mission
Expertise perlée
Contrat
Indépendant / Entrepreneur Individuel
Durée
8 mois
Département Géographique - GEO > DP - RCI
Mis en ligne le : 12/10/2026
AFRIQUE SUBSAHARIENNE
CÔTE D'IVOIRE
ABIDJAN
Objectif général de la mission
La mission a pour objectif de doter les institutions nationales de formation concernées de dispositifs pérennes, cohérents et directement opérationnels de formation continue en matière de LBC/FT/FP. À cette fin, le/la consultant/e devra, en lien avec une expertise nationale et dans une démarche participative fondée sur les besoins réels des bénéficiaires :
(i) établir un diagnostic précis de l’offre de formation, des capacités institutionnelles et pédagogiques et des lacunes de compétences ;
(ii) concevoir ou réviser au moins deux curricula de formation continue et leurs modules associés ;
(iii) élaborer des outils pédagogiques et des cas pratiques adaptés au contexte ivoirien ;
(iv) former et accompagner un vivier national de formateurs ; et
(v) appuyer l’expérimentation, l’évaluation, l’amélioration et l’appropriation institutionnelle des dispositifs développés, afin de permettre leur déploiement autonome et régulier.
Objectifs spécifiques de la mission
Le/la consultant/e devra :
Résultat attendus
À l’issue de la mission, les résultats suivants devront être obtenus, documentés et validés par les parties prenantes :
Le diagnostic des curricula de formation existants
L’élaboration des curricula et des modules de formation associés
Il est à noter qu’à ce jour, la formation initiale des agents et fonctionnaires de police, des militaires de la gendarmerie ainsi que des autres corps d’officiers de police judiciaire ne prévoit pas de modules spécifiques consacrés à la criminalité économique et financière, notamment à la LBC/FT/FP. L’analyse préliminaire des besoins montre que les curricula de formation initiale existants sont déjà très denses et qu’il est difficile d’y intégrer suffisamment cette thématique, les écoles de formation n’envisageant pas de prolonger la durée des cursus initiaux.
Dans le cadre de la présente mesure, le choix portera donc exclusivement sur la formation continue, avec pour cible principale les officiers et commissaires de police, les gendarmes, les douaniers et les agents des eaux et forêts. Les modules destinés aux OPJ devront également porter sur l’organisation fonctionnelle des services d’enquête, en promouvant la spécialisation des différents acteurs dans une dynamique de complémentarité et d’efficacité opérationnelle. Ils devront notamment préciser l’articulation entre les fonctions d’analyse, de recherche et d’interpellation, de perquisition et de saisie, ainsi que les autres fonctions concourant à la conduite efficace des enquêtes. Une attention particulière devra, en outre, être accordée à la recherche, au recueil, au croisement et à l’analyse du renseignement financier. À cet égard, les modules devront développer les capacités des enquêteurs à rechercher l’information au-delà des seules données détenues par les assujettis à la LBC/FT/FP, notamment auprès des administrations et organismes publics, des acteurs économiques et professionnels non assujettis, des sources humaines légalement mobilisables et des sources ouvertes. Cette orientation est particulièrement importante dans le contexte régional, caractérisé par le poids de l’économie informelle, qui impose de diversifier les sources d’information et les méthodes de reconstitution des flux financiers et patrimoniaux.
Méthodologie et prestations attendues du / de la consultant/e
La mission sera exécutée en quatre phases successives. Pour chacune d’elles, le/la consultant/e devront préparer les travaux, mobiliser les parties prenantes, produire les livrables intermédiaires, animer leur examen technique, intégrer les observations reçues et soumettre une version finale pour validation. L’expert/e international/e assurera la cohérence d’ensemble et la coordination technique de l’équipe, sans préjudice des responsabilités spécifiques précisées dans le cadre estimatif.
État des lieux
Le/la consultant/e réaliseront un état des lieux institutionnel, pédagogique et opérationnel. Ils élaboreront une note de cadrage, une matrice d’analyse documentaire, des questionnaires et guides d’entretien, puis conduiront les consultations auprès des institutions de formation et des services utilisateurs. L’analyse devra relier les besoins de compétences aux fonctions effectivement exercées, aux risques de LBC/FT/FP, aux contraintes de l’économie informelle et aux conditions concrètes d’intégration des formations dans les dispositifs existants.
Les services de consultant/es national et international seront mobilisés pour conduire cet état des lieux.
Développement des outils pédagogiques
Sur la base du diagnostic validé, le/la consultant/e concevront ou réviseront les curricula et leurs modules associés selon une approche par compétences. Chaque curriculum précisera au minimum les publics, prérequis, objectifs d’apprentissage, progression, durée, méthodes, ressources, exercices, modalités d’évaluation, conditions de validation et mécanisme de mise à jour.
Les livrables de cette phase comprendront, pour chaque curriculum, les modules détaillés, le manuel du formateur, le manuel de l’apprenant, l’aide-mémoire opérationnel, les cas pratiques complets et les outils d’évaluation des acquis et de la formation. La validation de ces différents outils s’effectuera conformément aux pratiques de chacun des partenaires ou selon tout autre mécanisme approprié permettant d’en garantir la pérennisation.
Formation des formateurs
Les consultants prépareront et animeront, pour chaque groupe cible, une formation de formateurs combinant maîtrise technique des contenus, appropriation des outils, techniques d’animation pour adultes, conduite des cas pratiques et évaluation des acquis. Ils vérifieront les compétences obtenues au moyen de mises en situation et formuleront, pour chaque formateur, les besoins éventuels d’accompagnement complémentaire.
Cette formation de formateurs devra être conduite pour chacun des groupes cibles, sur la base des manuels élaborés à l’intention des formateurs.
Les formateurs nationaux conduiront ensuite des sessions pilotes sous la supervision des consultants. Ceux-ci observeront les séquences, recueilleront les retours des participants et des institutions, mesureront la compréhension et l’utilisabilité des outils, puis consigneront les ajustements dans un rapport de capitalisation. Les curricula, modules, manuels et cas pratiques seront finalisés sur cette base.
Formation de la cible
Les institutions mobiliseront les bénéficiaires et organiseront le déploiement des formations, avec l’appui méthodologique des consultants. Ces derniers fourniront les outils de suivi, consolideront les données de participation et d’évaluation immédiate, puis conduiront une évaluation différée auprès des personnes formées. Cette évaluation devra apprécier l’utilisation effective des acquis dans le travail, documenter des exemples d’application et formuler des recommandations pour les recyclages, la mise à jour des contenus et la pérennisation du dispositif.
À cette étape, la présence de l’un des experts nationaux, en l’occurrence l’expert magistrat, pourrait être requise afin d’assurer le suivi des formations dispensées par les formateurs retenus.
Informations succinctes sur les projets Bonne Gouvernance II de la GIZ et SAIF-CI d'Expertise France
La démarche d’accompagnement définie dans les présents termes de référence est mise en œuvre conjointement par deux projets dans le cadre de l’approche Team Europe. Le premier, intitulé « Renforcement de la bonne gouvernance pour la redevabilité, l’intégrité et la transparence en Côte d’Ivoire », ou « Bonne Gouvernance II », est mis en œuvre par l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ) et financé par le Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ). La deuxième phase du projet, qui a débuté en mai 2024, vise à renforcer le cadre institutionnel de l’intégrité dans l’administration et l’économie de la Côte d’Ivoire, y compris au sein de la société civile et du secteur privé. Les interventions du projet s’articulent autour de quatre axes : 1) le soutien aux institutions chargées du contrôle de l’administration ; 2) le soutien aux acteurs de la chaîne pénale intervenant dans la lutte contre la criminalité économique et financière ; 3) le soutien aux OSC et l’amélioration de la communication des partenaires sélectionnés afin d’instaurer un dialogue public sur l’intégrité ; et 4) la collaboration avec des institutions de formation en vue de l’élaboration et de la mise en place de curricula de formation continue, accompagnés de cas pratiques concrets, ainsi que de l’organisation de sessions de formation dans le domaine de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Les présents termes de référence s’inscrivent dans le quatrième axe (composante 4) du projet de la GIZ.
Le deuxième projet, SAIF-CI (Soutien aux actions d’intégrité financière en Côte d’Ivoire), est mis en œuvre par Expertise France avec un financement de la Délégation de l’Union européenne en Côte d’Ivoire. Il vise à renforcer le dispositif ivoirien de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération (LBC/FT/FP) et, plus largement, la gouvernance de l’intégrité financière, afin d’aligner la Côte d’Ivoire sur les normes internationales, notamment celles du GAFI. Les interventions du projet sont organisées en deux volets : le volet préventif et le volet répressif.
Situation de départ
Dans une dynamique de coordination des mesures d’appui-conseil à la partie nationale, la GIZ et Expertise France accompagnent activement et en étroite collaboration les différentes structures nationales dans le renforcement du dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération. Ces appuis se sont intensifiés depuis l’inscription de la Côte d’Ivoire sur la liste des juridictions faisant l’objet d’un suivi renforcé (liste grise), afin de corriger les défaillances stratégiques relevées à l’issue de l’évaluation mutuelle.
Le projet Bonne Gouvernance II a bénéficié d’une extension budgétaire qui a permis la mise en place d’une nouvelle composante 4. À travers cette composante et afin d’améliorer la durabilité de ses actions, la GIZ se propose d’appuyer différents instituts de formation pour :
L'objectif global est de créer les conditions permettant aux instituts de formation de dispenser, à moyen terme, des formations en matière de LBC/FT de manière autonome, sans recourir à une assistance extérieure.
À cet effet, une première étude portant sur la cartographie des instituts de formation de la chaîne pénale a été conduite. Elle a permis d’identifier deux structures importantes autour desquelles les mesures d’appui de cette composante 4 peuvent être planifiées. Il s’agit de l’Institut national de formation judiciaire (INFJ) et de la Direction de la formation du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité.
Quant au projet SAIF-CI d’Expertise France (2024-2027), il s’inscrit dans une dynamique de capitalisation des nombreuses mesures de renforcement des capacités des différents acteurs en matière de LBC/FT/FP. Il prévoit de développer, avec les institutions concernées, des curricula de formation afin de pérenniser les actions de renforcement des capacités au profit de la police, de la gendarmerie et, potentiellement, d’autres acteurs, notamment les douanes ainsi que les services chargés des forêts et de l’environnement.
Cette collaboration entre la GIZ et Expertise France permet de mutualiser les expertises, d’éviter les chevauchements, d’assurer la cohérence des appuis internationaux et de construire des outils de formation pérennes qui pourront être utilisés par les bénéficiaires après la clôture des deux projets. Cette initiative s’inscrit ainsi dans une démarche de pérennisation des actions de formation mises en œuvre par la GIZ et Expertise France.
Cette mission sera principalement conduite par un expert international et deux experts nationaux. Un expert international en pédagogie sera également associé à l’équipe d’experts.
Il est donc prévu de mobiliser :
v Un.e consultant.e international.e, expert en Lutte contre le Blanchiment des capitaux, financement du terrorisme et financement de la prolifération. Il devrait disposer de :
· Qualifications générales :
Formation : certificat d’officier de police ou de commissaire de police, ou tout autre diplôme universitaire de niveau BAC+5 en droit, criminologie, sciences politiques ou dans un domaine similaire.
Expérience professionnelle : au moins dix ans d’expérience professionnelle en lien avec la LBC/FT/FP. L’expert devra notamment justifier d’une expérience en matière d’investigation financière ainsi que dans la conduite de missions d’expertise portant sur l’identification des besoins de formation et l’élaboration de modules de formation en LBC/FT/FP au profit des différents corps de la chaîne pénale.
· Expérience régionale/connaissance du pays : l’expert doit justifier d’une bonne connaissance de la sous-région à travers des collaborations avec au moins une institution régionale partie prenante à la LBC/FT/FP (GIABA, ARINWA). Le consultant doit disposer d’une expérience en qualité de consultant international en Côte d’Ivoire.
· Langues: Excellente maîtrise du français (C2)
Cadre estimatif détaillé
|
Jours d’honoraires |
Nombre d’expert.e.s |
Nombre de jours par experte. |
Total |
Observations |
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Désignations: expert.e international.e en LBC/FT |
01 |
70 |
70 |
L’expert international travaillera en collaboration avec les experts nationaux mobilisés pour la mission. Il assurera également la coordination de cette équipe pluridisciplinaire. |
Les candidats devront transmettre, dans le cadre de leur offre (et dans un PDF unique):
Les offres seront évaluées selon les critères et la pondération suivants :
|
Critères d’évaluation |
Pondération |
|
Qualifications et formation du candidat |
10 % |
|
Expérience professionnelle générale |
15 % |
|
Expérience spécifique en lien avec la mission |
30 % |
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Compréhension des termes de référence et pertinence de la méthodologie proposée |
15 % |
|
Offre financière |
30 % |
|
Total |
100 % |
Le processus de sélection des candidats s'opérera selon le(s) critère(s) suivant(s) :
Document(s) joint(s) : TDRs CURRICULA OPJ.pdf
Expertise France est l’agence publique de conception et de mise en œuvre de projets internationaux de coopération technique. L’agence intervient autour de quatre axes prioritaires :
Dans ces domaines, Expertise France assure des missions d’ingénierie et de mise en œuvre de projets de renforcement des capacités, mobilise de l’expertise technique et joue un rôle d’ensemblier de projets faisant intervenir de l’expertise publique et des savoir-faire privés.