Réf.
2026/PGEIDADLCPT/15529
Type d'offre
Experts
Type de contrat
Détachement d'un agent d'une administration publique ou parapublique
Date limite de candidature
08/06/2026 13:59
Durée de la mission
Court terme
Contrat
Détachement d'un agent d'une administration publique ou parapublique
Département Gouvernance - GOUV > Pôle Migration, Genre et Droits Humains
Mis en ligne le : 25/05/2026
AFRIQUE SUBSAHARIENNE
GUINÉE
Objet de la mission : Recrutement d’un-e Expert-e International-e (profil magistrat-e) pour la réalisation d’un diagnostic approfondi de la chaîne pénale dans la lutte contre la traite des êtres humains (TEH), à promouvoir l’intégration de l’approche genre, ainsi qu’à améliorer la collaboration entre les parties prenantes et à consolider la connaissance et l’appropriation des cadres législatifs applicables.
Durée prévisionelle : 11 jours
OBJECTIFS DE L’ÉTUDE DE BASE
Effectuer un état des lieux de l’application des recommandations issues du précédent diagnostic de la chaîne pénale de la TEH en Guinée ;
Examiner les textes législatifs et réglementaires encadrant l’organisation et le fonctionnement de la chaîne pénale en matière de lutte contre la traite des personnes en Guinée ;
Examiner la prise en compte du genre dans le cadre de la lutte contre la TEH par la chaîne pénale ;
Recenser les principaux acteurs de la chaîne pénale, en précisant leurs rôles, structures hiérarchiques, pratiques opérationnelles (qualitatives et quantitatives), ressources disponibles, compétences et connaissances sur la TEH ;
Mettre à jour l’analyse des interactions, de la coordination et des relations entre les différents acteurs de la chaîne pénale dans la lutte contre la TEH, aux niveaux national et local en Guinée ;
Identifier et actualiser les bonnes pratiques des acteurs de la chaîne pénale dans la lutte contre la TEH, à l’échelle nationale et locale ;
Proposer des mesures concrètes, réalistes et sensibles au genre, visant à renforcer l’efficacité de la chaîne pénale en Guinée, notamment pour améliorer le nombre et la qualité des enquêtes et des procédures judiciaires liées à la TEH.
Actualiser les activités de la chaîne pénale prévues dans la feuille de route du projet PROTECT en Guinée.
RÉSULTATS ATTENDUS DE LA MISSION :
Un état des lieux actualisé de la mise en œuvre des recommandations issues du précédent diagnostic de la chaîne pénale en matière de traite des êtres humains (TEH) en Guinée est effectué, mettant en évidence les progrès réalisés, les lacunes persistantes et les défis.
Le cadre législatif et réglementaire encadrant l’organisation et le fonctionnement de la chaîne pénale en matière de lutte contre la traite des personnes est analysé, incluant ses forces, limites et éventuels besoins de révision.
Le niveau de prise en compte du genre dans le fonctionnement de la chaîne pénale est évalué, en identifiant les écarts, les bonnes pratiques et les axes d’amélioration dans la lutte contre la TEH.
Les principaux acteurs de la chaîne pénale sont recensés et analysés, avec une description de leurs rôles, structures hiérarchiques, pratiques opérationnelles (qualitatives et quantitatives), ressources disponibles ainsi que leurs compétences et connaissances en matière de TEH.
Une analyse actualisée des mécanismes de coordination, de gestion de données, des interactions et des relations entre les acteurs de la chaîne pénale est produite, aux niveaux national et local, en mettant en évidence les dynamiques de collaboration et les points de blocage.
Les bonnes pratiques existantes au sein de la chaîne pénale dans la lutte contre la TEH sont identifiées et documentées, à l’échelle nationale, en vue de leur valorisation et réplication.
Des mesures correctives concrètes, réalistes et sensibles au genre sont formulées, visant à renforcer l’efficacité de la chaîne pénale, notamment en améliorant le nombre et la qualité des enquêtes ainsi que des procédures judiciaires liées à la TEH.
Les activités relatives à la chaîne pénale prévues dans la feuille de route du projet PROTECT sont actualisées, sur la base des analyses réalisées et des priorités identifiées.
ACTIVITÉS CLÉS DE LA MISSION
Activité 1 : Élaboration d’une note de cadrage méthodologique
Cette étape consistera à concevoir les outils de collecte de données (questionnaires, guides d’entretien, fiches de consultation, etc.) en cohérence avec les objectifs du projet et intégrant la dimension genre. Ces outils seront validés par l’équipe de coordination nationale et régionale, ainsi que par les principales parties prenantes de la chaîne pénale, afin de garantir leur pertinence et leur faisabilité sur le terrain lors d’une réunion de cadrage.
Activité 2 : Collecte des données
Cette phase portera sur la collecte des données auprès des acteurs clés de la chaîne pénale, notamment à travers des entretiens, des consultations et l’exploitation de données disponibles. Elle prendra en compte les informations issues des institutions publiques, des organisations spécialisées (OIM, UNICEF, ONUDC, HCDH), ainsi que des autres parties prenantes. Elle permettra de disposer d’éléments factuels nécessaires à l’analyse et alimentera le rapport de démarrage.
Activité 3 : Élaboration du rapport de l’étude
Les données collectées seront analysées et présentées dans un rapport intermédiaire intégrant une approche sensible au genre et au fonctionnement de la chaîne pénale. Ce rapport mettra en évidence : les zones les plus affectées par la traite, les priorités géographiques d’intervention, les données de référence des indicateurs du projet, ainsi que des recommandations préliminaires. Il fera l’objet d’une pré-validation par l’équipe du projet et, dans la mesure du possible, par les instances nationales concernées.
Activité 4 : Présentation et validation des résultats
Les résultats seront présentés lors d’un atelier national de validation réunissant les parties prenantes. Cette étape permettra de recueillir les observations et contributions en vue de finaliser le rapport.
Sur la base de ces éléments non exhaustive, les prestataires élaboreront une note méthodologique cohérente, innovante et opérationnelle, permettant d’atteindre les objectifs de l’étude dans les délais impartis.
MODALITÉS DE MISE EN ŒUVRE ET DE SUPERVISION
Les consultants travailleront sous la supervision du Coordinateur national du projet PROTECT en Guinée, qui sera son principal interlocuteur auprès d’Expertise France. Une collaboration étroite sera assurée avec le chargé de SERA, le Chef de projet au niveau régional et le siège d’Expertise France. En lien avec les institutions de la chaîne pénale, le Coordinateur national facilitera la mobilisation des acteurs et le suivi des activités. Des réunions régulières seront organisées afin d’assurer le suivi de la mission et d’anticiper ou résoudre les difficultés éventuelles.
DURÉE ET LIEU D’EXÉCUTION DE LA MISSION
La Mission s’étendra sur une durée prévisionnelle de 11 jours de travail, répartis comme suit :
1 jour consacré à la préparation ;
4 jours de travaux à Conakry ;
2 jours de travail en province ;
1 jours dédiés à la rédaction du rapport
2 jours pour l’atelier de validation ;
1 jour pour la finalisation du rapport.
Les dates précises de la mission seront arrêtées en fonction de la disponibilité de l’expert-e international-e. L’atelier de validation du rapport de diagnostic sera organisé conjointement avec celui relatif à l’analyse approfondie du contexte national de la lutte contre la traite des êtres humains.
LIVRABLES ATTENDUS DE LA MISSION
À l’issue de la mission, les livrables suivants sont attendus :
Rapport provisoire
Un rapport provisoire, en version numérique, présentant une analyse approfondie de la chaîne pénale en matière de lutte contre la traite des personnes aux niveaux national et local.
Ce rapport devra inclure : une description du fonctionnement de la chaîne pénale (forces, faiblesses et dysfonctionnements); l’identification des bonnes pratiques existantes ; une analyse sensible au genre, des données de base liées aux indicateurs du projet ainsi que des recommandations opérationnelles, réalistes, actualisées et conformes aux textes en vigueur. Le rapport sera élaboré selon le canevas validé lors de la phase méthodologique et servira de document de travail pour l’atelier de validation. Il pourra être partagé avec les autorités nationales concernées (Ministère de la Justice, Ministère de la Sécurité, Ministère de la Défense).
Rapport final
Un rapport final intégrant l’ensemble des observations et recommandations issues de l’atelier de validation. Ce rapport devra être transmis à Expertise France le dernier jour de la mission et cela conformément au chronogramme établi.
La traite des êtres humains (TEH) constitue une infraction transnationale reconnue par les instruments internationaux, notamment le Protocole additionnel à la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée (Protocole de Palerme, 2000), ratifié par la République de Guinée. Elle recouvre, selon cette définition, le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou l’accueil de personnes à des fins d’exploitation, y compris l’exploitation sexuelle, le travail forcé, la servitude ou d’autres formes d’exploitation.
La République de Guinée a adopté en 2023 une loi spécifique relative à la lutte contre la traite des personnes, s’inscrivant dans l’alignement des engagements internationaux. Dans l’attente de la mise en place d’un comité d’orientation stratégique, d’un secrétariat exécutif et d’organes déconcentrés, le Gouvernement a mis en place le Comité National de Lutte contre la Traite des Personnes et Pratiques Assimilées (CNLTPPA) afin de coordonner les actions nationales, ainsi qu’une cellule dédiée au sein du Ministère de la Justice.
Le dispositif juridique prévoit la répression des différentes formes de traite, la protection des victimes et l’organisation de la réponse pénale à travers les institutions judiciaires et sécuritaires. Il repose sur l’intervention coordonnée des acteurs de la chaîne pénale, notamment les officiers de police judiciaire (OPJ), responsables des enquêtes et de la collecte des éléments de preuve, et les magistrats, chargés de la poursuite, de l’instruction et du jugement des infractions.
Le fonctionnement de la chaîne pénale s’inscrit ainsi dans un cadre institutionnel impliquant les services de police, de gendarmerie et les autorités judiciaires, soutenus par des mécanismes de coordination et de concertation. Ces dispositifs visent à renforcer la cohérence des interventions tout au long du processus pénal, de l’identification des cas jusqu’à la décision judiciaire.
Le Trafficking in Persons Report 2024 du Département d’État Américain met en évidence, de manière générale, que la performance des systèmes nationaux de lutte contre la traite repose sur plusieurs facteurs clés, notamment la qualité de l’identification des victimes, la capacité d’enquête et de poursuite, la coordination entre institutions, ainsi que la disponibilité de systèmes de données fiables permettant le suivi du phénomène.
Les cadres méthodologiques internationaux soulignent également l’importance de l’intégration de la dimension genre dans les réponses judiciaires, afin de garantir une prise en charge adaptée des victimes, conformément aux standards des Nations Unies, notamment ceux promus par l’ONUDC et ONU Femmes.
Dans ce contexte, un diagnostic de la chaîne pénale en matière de lutte contre la traite des êtres humains a été réalisé dans le cadre du projet ALTP, mis en œuvre par Expertise France. Cette étude a permis de documenter le fonctionnement des acteurs de la chaîne pénale, d’analyser les pratiques existantes et de formuler des recommandations destinées à renforcer la réponse pénale.
Toutefois, les évolutions récentes du cadre juridique national, notamment l’adoption de la loi de 2023, ainsi que les dynamiques institutionnelles en cours, rendent nécessaire une actualisation de cette analyse afin de disposer d’une compréhension actualisée du fonctionnement de la chaîne pénale et de l’état de mise en œuvre des recommandations précédentes.
C’est dans cette perspective que s’inscrit la présente mission, financée par l’Agence Française de Développement (AFD) dans le cadre du projet régional PROTECT mis en œuvre par Expertise France. Ce projet vise à renforcer la prévention de la traite des êtres humains, la protection des victimes et les capacités des acteurs de la chaîne pénale aux niveaux local, national et régional.
Il s’articule autour de cinq composantes principales :
Composante 1 : Renforcer la coordination des acteurs et intégrer la dimension genre dans les instances nationales et leur déploiement au niveau local ;
Composante 2 : Améliorer le fonctionnement de la chaîne pénale, renforcer les capacités des acteurs judiciaires et promouvoir l’appropriation des cadres juridiques ;
Composante 3 : Prévenir la traite, protéger les victimes et soutenir leur réinsertion socio-économique en tenant compte du genre ;
Composante 4 : Développer la coopération bilatérale, transfrontalière et régionale pour lutter efficacement contre les réseaux de traite ;
Composante 5 : Améliorer la collecte, l’analyse des données et la production de connaissances pour des interventions plus ciblées et efficaces.
À cet effet, le projet prévoit la réalisation d’un état des lieux approfondi de la mise en œuvre des recommandations issues du projet ALTP, avec un focus particulier sur la chaîne pénale. Cette analyse vise à actualiser le diagnostic du fonctionnement de la chaîne pénale de l’identification des victimes à l’exécution des décisions judiciaires dans la lutte contre la traite des êtres humains en République de Guinée, en intégrant de manière systématique la dimension genre.
L’expert-e international-e chargé-e de la revue du diagnostic devra être un-e magistrat-e expérimenté-e, disposant d’une solide expérience de plus de 10 ans dans la conduite et le traitement des affaires pénales (juge d’instruction, parquet). Une expérience dans le domaine de la traite des êtres humains ou dans des domaines connexes serait un atout, notamment :
proxénétisme
travail ou mendicité forcés
criminalité forcée
travail illégal
fraude documentaire
traite des êtres humains et sécurité humaine
L’expert-e international-e assure la coordination technique et méthodologique de la mission et garantit la qualité des livrables. À ce titre, il/elle est responsable de :
Définir l’approche méthodologique globale de l’étude, en intégrant la dimension genre en collaboration avec deux experts nationaux (un magistrat et un policier ou gendarme)
Élaborer et faire valider les outils de collecte de données ;
Superviser et coordonner le travail des consultants nationaux ;
Assurer la cohérence et la qualité de la collecte et de l’analyse des données ;
Conduire l’analyse globale du fonctionnement de la chaîne pénale dans la lutte contre la traite des êtres humains ;
Encadrer la revue documentaire et l’exploitation des données de terrain ;
Animer les réunions techniques et l’atelier de validation ;
Assurer la rédaction du rapport provisoire ;
Intégrer les observations issues des parties prenantes ;
Rédiger et finaliser le rapport final de la mission, en garantissant sa qualité technique et sa cohérence ;
Faire la restitution de l’étude en collaboration avec les deux autres experts ;
Assurer la coordination de l’étude auprès du Coordinateur national de la Guinée et des partenaires institutionnels.
Le dossier de candidature, soumis en un seul document PDF, devra comprendre les éléments suivants :
CRITÈRES D’ÉVALUATION DES OFFRES ET MODALITÉS DE SOUMISSION
Les critères ci-après seront pris en compte pour l’évaluation et la sélection des dossiers de candidature éligibles :
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Critères |
Points |
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1. Profil et expérience de l'Expert-e |
40 % |
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2. Pertinence de l’offre technique |
50 % |
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3. Cohérence et compétitivité de l’offre financière |
10 % |
|
TOTAL |
100 % |
Expertise France est l’agence publique de conception et de mise en œuvre de projets internationaux de coopération technique. L’agence intervient autour de quatre axes prioritaires :
Dans ces domaines, Expertise France assure des missions d’ingénierie et de mise en œuvre de projets de renforcement des capacités, mobilise de l’expertise technique et joue un rôle d’ensemblier de projets faisant intervenir de l’expertise publique et des savoir-faire privés.